10 février 2012

Chronique des pays émergents : La Chine

Les pays développés dits " les pays riches " sont les plus affectés par les crises des subprimes et des dettes publiques, et se sont appauvris du fait qu'ils se sont largement endettés à un niveau insoutenable afin de soutenir leur modèle économique et le coût de la protection sociale. Par ailleurs, les pays émergents ont renoués rapidement avec la croissance économique grâce à la puissance publique car à la différence des pays développés, ils ont su maintenir un ratio d'endettement sur PIB soutenable. Malgré le krach d'août 2011, il y a encore un potentiel de croissance inexploité car la plupart des pays émergents ont encore des ressources naturelles et se sont rendus compte qu'il faudrait redistribuer une partie de la richesse à sa population en stimulant la demande intérieure au lieu de trop se focaliser sur les exportations.

Bref, durant quelques mois, je ferai une chronique sur les pays émergents en dix parties plus une synthèse à la fin. Pourquoi cette thématique ? Premièrement, cela fait parti de mes choix d'investissements dans mon manifeste boursier en 2012. Deuxièmement, je pense que les pays émergents joueront certainement un rôle majeur dans les décisions économiques. Enfin, leurs perspectives de croissance sont plus reluisantes que celles des pays développés. Pour la première partie, je vais parler de la Chine, deuxième puissance économique mondiale.

La Chine, deuxième économie mondiale devant le Japon, prend de plus en plus de poids sur la scène internationale grâce à des atouts structurels (croissance de la population, réservoir de main d’œuvre, taux d’épargne élevé, finances publiques saines) et sa stratégie d’économie socialiste de marché, c'est-à-dire de lier à la fois libéralisme économique et contrôle politique autoritaire. Pour arriver à ce stade, la Chine a commencé à ouvrir progressivement ses frontières aux entreprises étrangères afin de faire travailler sa main d’œuvre bon marché, et ensuite décide de maintenir sa devise nationale à un niveau convenable face aux autres devises pour doper ses exportation et engranger des excédents commerciaux. Ce que les Etats-Unis n'apprécient guère. Son modèle économique a des inconvénients non négligeables :
-  La politique de l’enfant unique qui pourrait causer le ralentissement de sa croissance économique et accélérer le vieillissement de la population. De plus, les mentalités ont changé car les jeunes couples ne veulent pas d’enfant et le nombre de célibataires masculins grandit du fait du nombre de femmes en diminution.
- Sa dépendance exportatrice : gare à la rechute du commerce extérieur.
De plus, une bulle immobilière est en train de se former parce que d'une part le plan de relance en automne 2009 d'un montant de 4000 milliards de yuan (soit 462 milliards d'euros) pour répondre à la crise financière a amené les prix des logements au plus haut et d'autre part le taux d’inoccupation avoisine les 50 %. Ainsi, le risque d'éclatement augmente mais les autorités chinoises ont pris des mesures strictes en relevant les taux d'intérêt directeurs et en augmentant les réserves obligataires pour retarder le problème. Par ailleurs afin de ne pas être dépendante des exportations, ils devront stimuler la demande intérieure en se penchant sur la relance de la consommation.

Malgré une croissance économique soutenue en 2010 et 2011, la Bourse chinoise a sous-performée par rapport à Wall Street à cause du risque inflationniste liée à la hausse des matières premières, de la bulle immobilière mais aussi de l'Europe lié à la crise des dettes publiques. Pourquoi il faut garder un oeil sur le Vieux Continent ? Du fait qu'il est leur premier partenaire commercial.
De plus, la Bourse chinoise est traditionnellement volatile et a la particularité d’être sensible aux décisions politiques. Pour un investisseur particulier, il est impossible de mettre son argent en direct sur la place de Shanghai car un compte en yuans est nécessaire. Par contre, il a la possibilité d’investir soit par des fonds de gestion ou en passant par la Bourse de New York ou de Hong Kong à l'image de ma position sur le leader mondial du solaire Suntech Power (NYSE : STP).

Sportifs les plus populaires en Chine :

Liu Xiang (Athlétisme)

Li Na (Tennis)

5 février 2012

Les impopulaires CDS !

Depuis l'émergence de la crise des dettes européennes, les autorités politiques et les médias financiers ont fait connaissance avec les CDS (Credit Default Swap). Sans grande surprise, les ménages européens ignorent l'existence de cet instrument financier contre la tête des Etats car d'une part les autorités politiques les enfument en les rassurant que tout va être réglé et d'autre part elles fuient leurs responsabilités en pointant du doigt la finance et ses spéculateurs. Bref, cela fait plus de 3 ans que ça dure et je pense qu'il y aura de la casse dans les mois à venir. Un changement politique bien réfléchi serait la bienvenue.

A l'instar des notes données par les agences de notation, les CDS permettent d'évaluer la capacité de l'emprunteur à honorer ses dettes. Sur le principe, les CDS étaient censé être un contrat d'assurance souscrit par le créancier pour se prémunir du risque de défaut de paiement de l'émetteur avec une prime de compensation s'il y a lieu. En réalité, ils sont considérés comme des produits dérivés spéculatifs adossés à un sous-jacent (obligation d'Etat ou d'entreprise, devises). Ainsi, son fonctionnement est diffère d'un contrat d'assurance classique :
  • L'acheteur et le vendeur ne sont pas obligés de se soumettre aux conditions de risque de crédit car les CDS ne sont pas soumis à une régulation financière. En fait, ces produits dérivés se négocient de gré à gré donc moins transparent.
  • Par exemple, le fait de souscrire une assurance contre le défaut d'un Etat signifie que dans l'intérêt de l'acheteur, on touchera une prime. En cas de non défaut, le CDS n'est juste un thermomètre pour mesurer la niveau de solvabilité de l'émetteur.
  • En cas de perte, c'est le vendeur de CDS en général une banque qui assure à lui tout seul le remboursement. Mais pour ne pas mettre tout sur son dos, les acheteurs ont l'autorisation de les revendre à un tiers ou un autre opérateur puis encaisse la prime. Ainsi, nous sommes à la fois acheteurs et vendeurs de CDS. Explicitement, nous pouvons assurer nos racheteurs contre le risque.
Deux problèmes se posent sur les CDS et font beaucoup de bruit au sein au Parlement et à la Commission Européenne :
  • Si la Grèce fait défaut sur sa dette ou sort de la zone euro, les CDS seront déclenchés et certains hedges fund sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. En complément, les investisseurs se poseront la question d'un éclatement de la zone euro du fait qu'on ne connait pas le montant total des CDS sur les autres pays membres.
  • L'autre problème est immoral. Le fait d'assurer nos racheteurs de CDS contre le risque revient à dire qu'on peut assurer la voiture ou la maison de son voisin contre un sinistre. 
Principe d'un CDS au second degré (Cliquez sur l'image)

En conclusion, il faut interdire les CDS sur l'ensemble des places financières car ils sont des armes de destruction massive pour l'économie réelle et sont devenus des outils de spéculation sans précèdent. De plus, l'interdiction d'acheter des CDS à nu (acheter les CDS sans l'obtenir) par la Commission Européenne est déjà un premier pas mais il faut la répandre sur Wall Street et ce n'est pas gagné à cause du lobbying bancaire américain.

CDS 5 ANS des Etats (Cliquez sur l'image)
Deuxième colonne en partant de la gauche : Plus le niveau de points est élevé, le risque de défaut est grande.

31 janvier 2012

Olivier Delamarche sur Arrêt sur Images en Novembre 2011



Une interview pleine de bon sens avec un esprit critique dont j'apprécie !!

Cessez les idées reçues sur la Bourse !

Avec trois crises depuis le début des années 2000, le nombre d'actionnaires individuels français a diminué sensiblement car la Bourse leur fait peur et ses victimes de la finance vous diront cette fois "on ne m'y reprendra plus". En effet, ils étaient environ 7.2 millions (population âgée de 15 ans ou plus) en 2003 puis en septembre 2011 4.3 millions. 
A l'heure où j'écris, les Français veulent à tout prix protéger leur capital durement gagné et préfèrent se réfugier vers des placements d'épargne défiscalisés (Livret A, Livret ex-Codevi), l'assurance vie ou l'immobilier. Ces placements sont considérés comme les moins risqués ou les plus sûrs selon les Français. Bref, la Bourse via les actions, les OPCVM, les obligations et les produits dérivés, n'aura pas la cote dans les années à venir. En outre, les autorités politiques en font leur bouc émissaire car c'est plus facile à accepter pour l'opinion publique en la propageant des idées reçues. Ces idées reçues sont les principales causes de la désaffection ou de la défiance des épargnants français vis-à-vis de la Bourse. Pour ma part, j'essaye dans mes discussions avec mes collègues de travail ou mon entourage, de parler de leurs bienfaits fondamentales mais ils ne veulent rien savoir car ils se fient toujours aux idées reçues des détracteurs.

Voici quelques idées reçues qu'on nous martèle quotidiennement :
  1. Les krachs boursiers. Ce qui m'embête, c'est la façon dont les médias grand public en parlent avec le sentiment de faire peur à l'opinion publique sans le vouloir. Du coup, il est très facile de dissuader les épargnants de mettre une partie de son capital en Bourse. Au contraire, c'est dans les pires moments qu'il faut investir en référence à mes positions d'achat sur SEB (PAR : SK) et Delhaize Group (BRU : DELB) avec des ratios de valorisation attrayantes.
  2. Investir en Bourse est un jeu dangereux. Les épargnants auront l'impression de jouer à quitte ou double comme dans les jeux du casino. Cependant, la plupart des épargnants qui investissent en Bourse, n'ont pas pris le temps d'apprendre les fondamentaux de la Bourse et à la moindre perte ils préfèrent vendre par aversion du risque mais aussi sans mettre en place un stratégie d'investissement à long terme. Personnellement, j'y ai vécu cette situation mais j'ai réussi à survivre en apprenant de mes erreurs alors que la majorité prend l'option de la fuite en avant. Cela demande du courage mais aussi un mental d'acier.
  3. La Bourse, c'est une affaire de riches. Plus maintenant, l'émergence des courtiers en ligne a permis d'attirer des clients de la classe moyenne en particuliers les jeunes actifs de moins 30 ans comme moi. Lors de mes dernières visites au salon Actionnaria et au Forum d'Investissement, je peux vous confirmer cette tendance malgré la désaffection d'actionnaires individuels. A noter que la majorité des actionnaires ayant déserté la Bourse, sont de la génération du baby-boom.
  4. Les actions sont des valeurs spéculatives. Quand nous investissons sur une action, cela signifie que nous sommes propriétaire d'une part de l'entreprise. De plus, l'argent investi permet de financer son développement et contribuer à sa croissance sur le long terme. Pour cela, il faut faire confiance aux dirigeants qui sont à la manœuvre. 
  5. La Bourse est bondée de méchants spéculateurs, qui veulent faire que du mal à l'économie réelle. Pour ma part, il est exagéré d'exprimer ce genre propos sur la place publique comme le font les autorités politiques et je trouve ça fatigant. De ma propre expérience, la plupart des traders que j'ai rencontré lors des salons ou sur les blogs, ne font que gagner leur vie tout en étant conscients du risque. Mais d'autre part, j'avoue que le marché financier d'aujourd'hui est un marché d'opportuniste car l'information circule vite. Ainsi, l'investisseur du présent et du futur se doit être à la fois attentif et réactif sans forcément avoir des objectifs à très court terme.

28 janvier 2012

SEB (PAR : SK)

SEB (PAR : SK) est une entreprise familiale spécialisée dans le petit électroménager. Elle est née de plusieurs acquisitions nationales et internationales. De ce fait, elle est numéro un mondial dans son secteur grâce une stratégie de croissance externe en particulier dans les pays émergents et à l'innovation pour créer de la valeur ajoutée et répondre à la hausse des commodities. De plus, SEB peut se reposer sur des produits commercialisés sous des marques à forte notoriété comme : Calor et Rowenta pour les équipements ménagers, Moulinex pour les équipements de cuisson électrique et à vapeur, Tefal pour les casseroles, Krups pour la machine à café etc...
Malgré la crise des dettes européennes, SEB poursuit quant même son développement dans les pays émergents en renforçant son capital aux alentours de 70 % de sa filiale chinoise Supor et récemment il rentre à 55 % dans le capital de l'entreprise indienne Maharaja Whiteline. Tout en sachant que la Chine et l'Inde sont les deux premiers pays les peuplés au monde, j'en déduis que le potentiel de croissance est importante.

Seb

Erratum : Sur le fichier Scribd à la page 8, j'ai oublié de mettre la négation "pas" à propos du profit warning d'Electrolux.

21 janvier 2012

Évaluation de la compétitivité économique d'un Etat

Pour se faire une idée de la compétitivité économique d'un Etat, certains critères à mes yeux sont à surveiller :
  • Le solde de la balance commerciale, c'est la différence entre ce que l'Etat exporte et importe en biens et services : biens manufacturés, matières premières. Différents facteurs peuvent l'influencer comme le taux de change ou les droits de douane. En terme d'analyse économique :
    • Une balance excédentaire signifie que l'Etat exporte plus et renforce sa compétitivité. Mais en période de crise, le pouvoir d'achat des ménages baisse à cause de la dévaluation de la devise et les investisseurs étrangers rapatrient leurs capitaux.
    • Une balance déficitaire montre des signes de faiblesse de compétitivité d'un Etat et que son modèle économique est moins productive et peut être trop axé sur la consommation des ménages.
  • Le poids de la dépense publique. Il permet d'évaluer la capacité de l'Etat à soutenir l'économie et le coût de la protection sociale.
  • Le poids des finances publiques, qui révèle la capacité de l'Etat à honorer sa dette vis à vis de ses créanciers. Pour cela, il faudra surveiller la proportion des investisseurs étrangers qui en détienne. Par exemple, la dette française que l'on dit de bonne qualité, est détenue au deux tiers par des investisseurs étrangers.
  • Le système fiscal. Evidemment, cela joue forcément pour attirer des capitaux étrangers. 
  • Les dépenses en R&D (Recherche et Développement) afin d'évaluer la détermination de l'Etat à soutenir l'innovation
Dépenses R&D OCDE
  • Le taux de chômage des jeunes. Au lieu de se faire une fixation sur le taux global, il est préférable de surveiller la proportion des jeunes en situation de chômage car ils représentent la croissance de demain.

Taux de Chomage Des Jeunes

18 janvier 2012

Olivier Delamarche - BFM Business - 17/01/2012


 Objectif de Platinium Gestion : 2000 points pour le CAC 40.

A suivre...

Se rendre à l'évidence !

Aujourd'hui, j'ai clôturé mes positions sur Bouygues (PAR : EN) et Carrefour (PAR : CA) avec des pertes respectives de -25.83 % et de -36.36 % (avec les dividendes, elles sont respectivement de 22.56 % et 18.91 %) pour des raisons dont j'assume.

Bouygues (PAR : EN)
Lorsque je l'ai acheté il y a un peu moins de deux ans, les perspectives étaient encourageantes : carnet de commande à un niveau record pour la construction-concession, prise de parts de marché dans les télécoms, redémarrage du marché de l'immobilier. Cependant, tout est remis à plat et je ne vois plus de catalyseurs positifs sur l'évolution de son cours de Bourse :
  • Bouygues dont la construction-concession est son secteur d'origine, est très dépendante de la commande publique en particulier avec les PPP (Partenariat Public Privé) en France. Cela m'incite à être méfiant car les revenus de Bouygues proviennent majoritairement des versements de l'Etat français sur plusieurs décennies et la crise des dettes européennes nous a montré qu'un Etat peut faire défaut sur sa dette et ne peut plus assumer ses autres engagements financiers. Dernièrement, la France a perdu son AAA par S&P.
  • L'arrivée du 4ème opérateur Free dans le marché des téléphones portables avec une politique de tarifs agressifs va mettre à mal sa branche "Bouygues Télécom". Cela l'obligera à réagir en investissant sur des offres alléchantes afin de fidéliser leur clientèle au détriment de leur marges opérationnelles.
  • Les perspectives moroses de TF1 et d'Alstom.
Carrefour (PAR : CA)
J'avoue que c'est une erreur naïve de ma part. En effet, j'ai voulu jouer au plus malin en faisant un pari spéculatif. Malheureusement, le 2ème groupe mondiale de la grande distribution paye ses errances sur son marché domestique car il s'est entêté à ne pas baisser les prix pour conserver ses marges alors que ses concurrents (Casino, Leclerc, Super U, Auchan) ont fait le contraire.

En conclusion, je préférais ne pas m'obstiner à garder ses valeurs car personnellement leurs perspectives de croissance ne seront pas reluisantes dans les années futures. Ainsi, je ne vois pas des investisseurs revenir sur ses 2 valeurs dans les prochaines années à des niveaux dont je les ai acheté. Malgré tout, cela n'empêche pas de rester sur mon objectif de battre le marché d'ici 3 ans, c'est-à-dire à échéance 2014, en appliquant tout d'abord mon "manifeste boursier  2012".