samedi 2 juin 2012

Où va la zone euro ? (3/3)

Y A T-IL DES SOLUTIONS DE SORTIE DE CRISE ? 

Depuis son investiture à l'Elysée, François Hollande remet en cause le pacte budgétaire européen signé en fin d'année 2011 par 25 des 27 pays de l'Union Européen. En effet, le nouveau président français souhaite intégrer  dans ce pacte un chapitre croissance car l'austérité enfonce les Etats dans la récession à l'image des cancres de la zone euro. De plus, il est favorable à l'instauration des eurobonds et de la monétisation de la dette pour se protéger des attaques spéculatives. Par magie, les PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne) ont repris espoir en s'alliant avec François Hollande. Cependant, l'Allemagne même isolée, n'entend pas de cette oreille car son opinion publique est très attachée à la rigueur budgétaire. Concernant la croissance, elle n'a pas la même vision que la France mais j'y reviendrai plus tard. Du coup, nous constatons des divergences dans le couple franco-allemand.
Détaillons les possibles solutions qui seront posées sur la table lors du prochain sommet européen le 28-29 juin 2012 :

Source La Tribune

1. Les Eurobonds
Les eurobonds sont des emprunts émis communément par le cartel de la zone euro. Sur le principe, cela veut dire que l'Allemagne et ses collègues emprunteront au même taux quel que soit la maturité. Cette solution a été évoquée fin 2010 par le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Junker et le ministre de l'Economie et des Finances, Giulio Tremonti. Lors du krach de l'été 2011, elle a été remise sur la table mais refoulée sur le champ par un "Nein" catégorique de la chancelière allemande Angela Merkel. En effet, le peuple allemand est très attaché à la rigueur budgétaire car dans le passé, il a fait des sacrifices durant la période de réunification. Aujourd'hui, sous l'emprise de la Troika (FMI-BCE-CE), on demande aux cancres de la zone euro de faire de même sauf qu'ils ne sont pas préparés.
Pour ma part, je pense que les eurobonds sont une solution de facilité pour les cancres de la zone euro car ils verraient leur taux d'emprunt diminuer et leurs dettes seront sous la garantie allemande. Cependant, l'Allemagne n'entend pas de cette oreille car cela les mettrait en danger s'il y a de nouveau un laxisme budgétaire de la part des cancres de la zone euro.

2. La croissance. De quelle façon ?
En économie, il n'y a pas de miracle car la croissance ne se décrète pas d'un coup de baguette magique. Nous avons deux visions différentes sur les moyens de doper la croissance :
- La politique keynésienne prônée par François Hollande. Pour être clair, celui-ci veut au niveau européen un plan de relance via des dépenses publiques supplémentaires sur des secteurs ciblés.
- Les reformes structurelles, solutions soutenus par la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la BCE, Mario Draghi. Cela consiste à libéraliser le marché du travail, à favoriser la libre concurrence dans certains secteurs d'activité ou encore à réduire le rôle de l'Etat dans l'économie.

3. Une Europe fédérale
C'est une solution politique à très long terme qui ne va pas se faire du jour au lendemain car les Etats membres de la zone euro doivent assainir dans un premier temps leur finances publiques. N'étant pas un spécialiste de la politique, je vais aller doit au but : Europe fédérale = fiscalité commune = objectif budgétaire commune = perte de souveraineté. Le FESF (Fond Européen de Stabilité Financière) et le pacte budgétaire européen vont dans ce sens.
Le but final d'avoir une Europe fédérale, est de rivaliser avec deux grosses puissances économiques mondiales, USA et Chine.


4. La monétisation de la dette par la BCE
La monétisation de la dette consiste de ce fait que la BCE rachète des emprunts d'Etats en créant ex nihilo de la monnaie. Cela permettrait aux Etats de ne pas être attaqué spéculativement sur leurs dettes publiques et d'emprunter à des taux d'intérêts raisonnables. Cependant, l'Allemagne n'en veut pas pour des raisons historiques ayant enclenché la Seconde Guerre mondiale. En fait, la monnaie créée ex nihilo, contribue vaguement à l'économie réelle mais plutôt à l'économie de marché, c'est-à-dire les marchés financiers en particulier les matières premières. Par conséquent, la solution soutenue par François Hollande, entraînerait une montée inflationniste et peut-être une sortie de l'Allemagne de la zone euro.

CONCLUSION
Les solutions citées ne sont pas des remèdes miracles mais pouvant ramener un peu de confiance dans la zone euro de la part des investisseurs. Sur chaque solution, il y a des divergences entre la France et l'Allemagne. En cas de clash, la zone euro éclatera et les marchés financiers capituleront. Pour ma part, je pense qu'il y aura un compromis sur la croissance et l'Europe fédérale. Concernant les eurobonds et la monétisation de la dette, ce sera très difficile en raison de la position réticente de l'Allemagne.

lundi 28 mai 2012

Où va la zone euro ? (2/3)

LE TAUREAU SOUS PERFUSION DE LA TROIKA ?

L'Espagne inquiète de plus en plus les marchés financiers car d'une part elle n'a pas atteint son objectif de réduction de déficit public sur PIB en 2011 et d'autre part leurs banques espagnoles n'ont pas purgé leurs actifs toxiques liés à la bulle immobilière. Récemment, Bankia, quatrième banque du pays, a demandé une aide de l'Etat d'un montant d'environ de 19 milliards d'euros. Comme d'habitude, les autorités gouvernementales essayent de rassurer les épargnants de cette banque mais malheureusement ses derniers ont déjà compris que ça sentait la poudre en se ruant sur les distributeurs de billets. Nous constatons petit à petit qu'il y a une contagion du système bancaire européen car les banques cotées voient leur cours de Bourse se dégringoler.

Taux de chômage en Espagne (Source brazilianbubble.com)

N'oublions pas que l'Espagne est la quatrième puissance de la zone euro. Son ratio dette publique sur PIB est proche des 70 % en 2011 mais pour l'année en cours il pourrait atteindre les 80 % à cause des perspectives de croissances négatives. Pour enfoncer le clou, le taux de chômage est d'environ de 25 % dont 50 % de jeunes n'ont pas d'emploi, et les agences de notation S&P et Moody's se sont fait plaisir en dégradant les notes des banques espagnoles dont les plus grandes, BBVA et Banco Santander. Au niveau boursier, cela s'est traduit par une baisse de plus de 30 % de l'IBEX 35, indice phare de la place de Madrid. De plus, le chef du gouvernement Mariano Rajoy a avoué à demi-mot que la situation de l'état de son pays était tendue mais il estime qu'une aide extérieure n'est pas nécessaire tout en restant confiant. Malheureusement, ce genre de déclaration masque certaines choses que la population n'est pas prête à entendre. Pour confirmer dans mon opinion, la Grèce, l'Irlande et le Portugal ont joué au poker menteur en disant que c'est juste un passage difficile et en espérant que la situation s'améliorera dans le temps. Au bout du compte, cela s'est mal passé par une demande d'aide extérieure de la part de la Troika (FMI-BCE-CE). Du coup, ces trois pays ont renoncé au détriment de leur population à une partie de leur souveraineté. En ce qui concerne l'Espagne, je pense qu'un moment ou un autre, les autres pays membres de la zone euro seront forcés d'intervenir car le taureau est plus gros (10 fois plus) que le dieu de l'Olympe en terme de PIB et cela créerait une propagation contagieuse sur les autres banques européennes en particulier les "françaises" et les "allemandes" plus exposées aux dettes espagnoles ou des PIIGS.

Chiffres économiques de l'Espagne (Source rmc.fr)

Avec réalisme, l'Etat espagnol n'a qu'à se prendre la tête à deux mains car baser uniquement son modèle économique sur le secteur de l'immobilier et de la construction est le signe que son tissu industriel a complètement disparu. De plus, de nombreux ménages ne pourront pas rembourser leur crédit du fait que le prix de leur bien immobilier a perdu beaucoup de valeur. Ainsi, avec trop de chômeurs, trop de dettes privées et aucun tissu industriel, vous avez plus de chances de voir une Espagne récessive. Qui peut me contredire ? Cela pourrait nous arriver en France dans les mois ou les années à venir.

Dans la dernière partie, je parlerais des possibles solutions de sortie de crise. Avec l'arrivée de François Hollande à la tête de la République Française, les cartes sont de nouveau rebattues...

samedi 26 mai 2012

Où va la zone euro ? (1/3)

Décidément, la zone euro (cartel de 17 pays de l'Union Européenne) nous refait parler d'elle et c'est une habitude depuis plus de deux ans. Tout d'abord, le cas grec n'est pas toujours résolu dont les prochaines élections législatives du 17 juin 2012 pourrait sceller le sort du pays de l'Olympe. En Espagne, la situation est inquiétante car ses banques n'ont pas complètement épongé tous leurs actifs toxiques suite à l'éclatement de la bulle immobilière. De plus, ses régions ayant une autonomie financière, se sont lourdement endettées avant l'irréparable et ont dû mal à honorer leurs échéances. Récemment, la Catalogne demande une aide urgente de l'Etat. Bref, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le pire est-elle devant nous ? Comme indication, la paire €/$ a atteint un plus-bas à 1.25 $ depuis juillet 2010.



LA SORTIE DE LA ZONE EURO DE LA GRECE ?

Sortie ou pas, la situation de la Grèce sera chaotique car on ne fait pas de la croissance en exportant de l'huile d'olive et en misant sur le tourisme. D'une part, je suis étonné qu'elle n'a pas profité de l'engouement des Jeux Olympiques en 2004. De fin 2009 à aujourd'hui, la Grèce paye ses erreurs du passé mais les autres pays de la zone euro ont leur part de responsabilité. Par conséquent, cela s'est traduit en plus d'une économie souterraine, par l'émergence des partis extrémistes lors des derniers élections législatives début mai. A l'heure actuelle, la population grecque veut garder l'euro et en finir avec les programmes d'austérité. Cependant, ses derniers sont une condition pour une aide financière et solidaire de la part de la Troika (FMI-BCE-CE). Sinon, la Grèce fera défaut pour de bon, ne remboursera pas la dernière partie de sa dette puis reviendra à sa monnaie d'origine. Au bout du compte, je pense que ce qui se passe en Grèce est anecdotique et qu'il faudrait une réponse urgente de la part des institutions politiques et économique européennes sur la situation espagnole.

Dans la prochaine partie de "Où va la zone euro ?", je parlerai longuement du cas espagnol car ce pays est dix fois plus gros que la Grèce.

jeudi 17 mai 2012

Mon sentiment technique sur le CAC40

Avant de partir en week-end au Benelux, je profite pour donner pour la première fois depuis la création du blog mon sentiment technique sur le CAC40 en données hebdomadaires. Attention, l'analyse technique indique une probabilité non une certitude. Ainsi, je vous prie, cher lectrices et lecteurs de GenY Finances, de faire votre opinion.
Evolution du CAC40 en données hebdomadaires

Fondamentalement, tout va mal à cause de la crise de la zone euro en Grèce et en Espagne. De l'autre coté de l'Atlantique aux USA, certains indicateurs économiques montrent des signes de ralentissement. pour enfoncer le clou, la FED (banque centrale américaine) s'inquiète de l'état des finances publiques américaines.

Au niveau de l'analyse technique : 
- Depuis les plus bas de 2011, nous avons une remontée jusqu'à 3600 points correspondant au niveau de retracement de Fibonacci à 61.8 %. Ce niveau, en règle générale, est difficile à casser, dans une tendance haussière ou baissière. Par la suite, l'indice s'est retourné à la baisse vers les 3000 points en deux mois.
- Graphiquement, vous constatez que le CAC40 est dans un triangle symétrique à vue d'oeil mais aujourd'hui il a cassé cette figure géométrique par le bas. De ce fait, y aura-t-il une poursuite de la tendance baissière ou est-ce un faux signal pour tromper les vendeurs à découvert ?
- Coté indicateurs techniques, il n'y a aucun signe positif : RSI en dessous de la zone de neutralité des 50 % et MACD en dessous de la ligne médian.

Mon avis :
Disons que je ne vais pas me mouiller car j'ai deux scénarios :
- Une poursuite de la baisse. Ainsi, le CAC40 irait en ligne à moyen terme vers les 2700 points. Dans le pire de ce scénario, certains viseront le triple bottom vers les 2500 points. Personnellement, je me méfierais car un krach provoquerait une panique sans précédent des investisseurs et omettrait à la fois l'analyse fondamentale et technique.
- L'autre est moins pessimiste du fait que les problèmes de la zone euro sont connus depuis longtemps. Malheureusement, les investisseurs se rendent compte au dernier moment et cela se traduit par des séances baissières à un rythme régulier sans pour autant parler de krach. Ainsi, un rebond technique vers le haut du triangle symétrique à 3400 points ne serait pas à exclure car la cassure à la baisse de la figure pourrait être un trompe-oeil.

NB : Je vous rappelle que l'analyse technique est une probabilité non une certitude. Ainsi, le contenu de ce billet est seulement ma propre opinion. 

Idées de placements rentables à long terme

En période d'incertitude ou de crise économique, les ménages français sont pessimistes sur leur avenir. Cela s'est traduit par un taux d'épargne record à 16.8 % depuis 1983. Pour enfoncer le clou, le taux d'inflation en France a augmenté annuellement de 2.3 % à la fin de l'année 2011 à cause de la hausse des prix des matières premières. En gros, nous pouvons déduire que la consommation sera atone si la tendance perdure.

Cliquez sur l'image (Source Les Echos)

Par précaution, les ménages français préfèrent épargner sur des placements à risque faible ou nul comme le Livret A ou le LDD (Livret Développement Durable) avec un taux de 2.25 % inférieur respectivement à celui de l'inflation française à 2.3% et de la zone euro à 2.7 % en 2011 . Cependant, en plaçant nos revenus sur ses placements, nous perdons soit 0.05 % par an (contexte français) ou 0.45 % par an (contexte européen). Pour ma part, ce sont des placements faisant office "d'épargne de précaution"ou de cash disponible à court terme.
Ce comportement moutonnier vers ce type de placement montre également que les ménages français ne connaissent pas la notion de placement rentable à long terme. Ce que je veux dire par là sans être provocateur, c'est que la France dans son ensemble n'a pas une vrai culture financière. Désolé d'en arriver à cette conclusion.

Personnellement, un placement rentable est un placement dont le rendement annuel est supérieur au taux d'inflation annuelle. Vous avez constaté auparavant que le Livret A et le LDD ne le sont pas. Ainsi, j'ai fait une liste des placements qui le sont réellement :

Placements
Rendement 2011-2012
SCPI
5.1 %
Actions cotées

- Total
6.73 %
- Unibail
6.21 %
- Vinci
5.45 %
- McDonald’s
3.21 %
- Nestlé
3.8 %
Location Meublée Professionnelle
4.5 %
Parking
3 à 10 %
Immobilier locatif
4 à 6 %

Source : IEIF, Mieux Vivre Votre Argent Spécial Placements 2012, Zone Bourse

 .
Dernière chose à savoir lors d'un investissement, il faut se mettre toujours dans la tête que les performances passées ne présagent pas forcément des performances futures. En fait, les rendements des placements cités ci-dessus peuvent bouger du bon ou mauvais coté selon la conjoncture économique. Ainsi, cher lectrices et lecteurs de GenY Finances, restez sur vos gardes sachant qu'un nouveau gouvernement vient de se former.